MÉ2L’@RT : Joël Jagot, artiste plasticien, crée des œuvres originales pour l’inauguration des nouveaux bureaux de la société Miyowa.
L’art dans l’entreprise, l’art où on ne l’attend pas : MÉ2L’@RT, mets de l’art dans mes dollars ? Provocation bien involontaire mais vérité moderne sans doute.
Franchies les barrières entre le monde de l’économie et le monde artistique, parce que le monde dans son ensemble ne peut pas faire l’économie de l’art et que l’art est aussi dans l’économie !
Joël Jagot, artiste non institutionnel, crée l’événement avec Miyowa le 6 septembre 2007.
A l’occasion de l’implantation de Miyowa au 10 place de la Joliette sur les docks marseillais, la société a souhaité impliquer un artiste local dans son projet d’inauguration mettant en valeur ses
nouveaux bureaux.
Les œuvres de l’artiste aux noms sans frontières, en français et en anglais, seront dévoilées au jour de l’inauguration, le 6 septembre 2007.
La première partie du travail de Joël Jagot visite plusieurs styles de peinture – en général des grands formats – destinés à fournir l’exposition permanente, pour laquelle sera assurée une rotation
des œuvres.
Pas moins d’une trentaine de toiles seront présentées.
L’art pictural de Joël Jagot est divers, peut-être hétéroclite, car dans le cas présent son pinceau exprime la diversité. Celle-ci résulte de nombreuses expérimentations sur la couleur ; Joël Jagot
sillonne depuis longtemps les chemins impressionnistes.
Le second volet de son travail, plus conceptuel et plus dynamique, rassemble trois installations, chacune mise en valeur dans un espace ouvert.
La première installation se nomme Under The Sun : des bas-reliefs de béton brut figurant des silhouettes humaines, se prélassant au soleil.
Under The Sun est un clin d’œil à l’été passé ; en évoquant l’oisiveté, l’inaction, elle met en abîme et s’oppose radicalement à l’hyper-vitesse du business de la nouvelle économie mondiale et à
son représentant, Miyowa. Par extension elle interroge sur le réchauffement …
L’apparence des sculptures de l’œuvre est volontairement rudimentaire, le moulage est réalisé à même la terre – sculpture en creux – dans lequel est déversé le mortier liquide. Une fois sec, le
moule accouche de la forme humaine, extraite de la terre matrice et nettoyée au jet d’eau.
Pas de détail, juste l’expressivité !
Ces formes spectaculaires, présentées dans l’open-space 1, installées en linéaire sur des draps de bain, mesurent 2 mètres en largeur et 8 à 10 mètres en longueur.
Une performance d’artiste et du spectacle en direct !
La deuxième installation s’intitule Dream House.
Elle nous révèle et nous questionne sur le parcours du combattant et les enjeux financiers de tout un chacun aspirant à l’acquisition de la maison de ses rêves.
Le rêve est matérialisé par la construction de la micro-maison type, longue de 4,50m, haute de 1,80m et profonde de 2,20m.
Il s’agit d’une réelle performance d’artiste : cette micro-maison sera bâtie devant le public pendant le vernissage, en moins de deux heures, et reposera sur une pelouse végétale.
Le parcours du combattant sera figuré par une allée – réalisée en dalle de triply – qui sera empruntée par le public et sur laquelle seront encollés des formulaires administratifs grossis
(courriers de banque, actes notariés, refus, accords, chiffres exorbitants, jargon incompréhensible du droit). Chaque document bien réel sera maquillé et laissera apparaître des noms et des logos
créés pour l’occasion.
Cette performance sera rendue possible grâce à l’intervention amicale de professionnels du bâtiment.
Un supplément d’âme, spectaculaire et théâtrale, sera ajouté par les costumes (Manpower) et par l’intervention d’une comédienne qui déclamera pendant la construction, la litanie des formulaires,
correspondances et autres tracasseries administratives multiples et variées du primo- acquérant.
Enfin la troisième installation s’intitule Murmure.
C’est une performance éphémère que Joël Jagot nous offrira : réaliser devant le public un muret en parpaings long de 3 m et haut de 0,70 m. A l’image de ce qui fut fait pour les docks de Marseille,
ce muret symbolise la construction immobilière et plus particulièrement la réhabilitation. Construction, démolition, c’est l’histoire d’un mur dans tous ses états. Achevé, il sera tagué puis démoli
par le public, à l’aide de marteaux piqueurs légers.
C’est un chantier avec ses nuisances sonores qui ne sera pas sans évoquer notre inconscient collectif urbain. Les gravats sont sublimés et placés dans des sacs imprimés aux couleurs de
l’événement.